Le journal britannique l’Independent a révélé cette chose étonnante mais parfaitement prévisible : le parlement irakien devra se prononcer d’ici à mars 2007 sur un projet de loi, rédigé par les États-Unis après "amendements" du lobby pétrolier et consultation du FMI, qui met son pétrole (3ème réserve mondiale en importance, assurant 95% des revenus du pays) sous coupe réglée au bénéfice de sociétés telles que la British Petroleum, Shell et ExxonMobil. Aux termes de cette loi, ces dernières "empocheraient jusqu’aux trois quarts des profits" durant les premières années d’exploitation et, ensuite, 20% soit le double de ce que ce secteur est d’ordinaire en moyenne autorisé à prélever. Pour ceux que les farces et attrapes de l’économie politique amusent, rappelons que Tony Blair avait déclaré en 2003, s’expliquant sur les raisons de l’intervention militaire, que le pétrole n’entrait pas en ligne de compte. Mieux : que les revenus pétroliers, dit-il alors, devaient être placés sous l’égide des Nations unies afin qu’ils bénéficient au peuple irakien. Le vice-président américain Dick Cheney avait un langage plus franc : le monde, dit-il en 1999, a besoin de 50 millions de barils supplémentaires d’ici à 2010 et... "D’où viendra ce pétrole ? Du Moyen-Orient, qui recèle deux tiers des réserves au plus bas prix, c’est là en définitive que se trouve notre trophée." Simple et direct.

Source : The Independent du 7 janvier 2007.