Le 24 novembre 2016 à Bruxelles


En quelques décennies, les sociétés transnationales se sont imposées comme des acteurs majeurs de l’économie mondialisée. Les revenus des plus puissantes d’entre elles dépassent ceux de la plupart des Etats du globe. La division internationale du travail est désormais façonnée par les chaînes d’approvisionnement, dont la localisation dépend du coût de la main-d’œuvre, de la fiscalité ou encore des normes environnementales en vigueur dans les différentes régions du monde. Cette prééminence des STN ne va pas sans causer de contestations tant au Nord qu’au Sud, au sein des entreprises transnationales et de leurs filiales, mais également le long des chaînes d’approvisionnement. Les luttes se multiplient, prenant des formes tout à fait variées, de la lutte syndicale traditionnelle et institutionnalisée aux mobilisations des mouvements sociaux en passant par les initiatives pour un traité contraignant au sein des Nations-Unies.



3 Panels suivis d’une table ronde :

Panel 1 : "De l’entreprise intégrée aux chaînes d’approvisionnement mondialisées : comment caractériser l’évolution des multinationales ?"

Si les entreprises multinationales ont été l’objet d’études et de recherchesrecherchesCet indicateur comptabilise l'ensemble des dépenses que l'entreprise a consenti pour financer sa recherche. Ce chiffre comprend par exemple les salaires des chercheurs. académiques jusque dans les années 1980, certaines préoccupations politiques et la domination outrancière de l’école néoclassique en économie ont progressivement réduit ce champ de recherche. Pourtant, depuis la grande entreprise multidivisionnaire d’Alfred Chandler, les multinationales ont changé. De l’intérieur tout d’abord. Le recours croissant à la sous-traitancesous-traitanceSegment amont de la filière de la production qui livre systématiquement à une même compagnie donneuse d'ordre et soumise à cette dernière en matière de détermination des prix, de la quantité et de la qualité fournie, ainsi que des délais de livraison. (en anglais : subcontracting), la financiarisationfinanciarisationTerme utilisé pour caractériser et dénoncer l'emprise croissante de la sphère financière (marchés financiers, sociétés financières...) sur le reste de l'économie. Cela se caractérise surtout par un endettement croissant de tous les acteurs économiques, un développement démesuré de la Bourse et des impératifs exigés aux entreprises par les marchés financiers en termes de rentabilité. (en anglais : securitization ou financialization) des entreprises, l’éloignement des centres de décision, le management par la restructuration, l’entreprise multinationalemultinationaleEntreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d'une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères. (en anglais : multinational) d’aujourd’hui ne peut plus se comprendre avec les mêmes grilles d’analyse qu’hier. L’environnement dans lequel les entreprises fonctionnent est également en profonde mutation. La multiplication des accords bilatéraux de commerce et d’investissement participe à la création d’une "architecture juridique internationale" favorable aux intérêts privés.

  • Jean-Christophe Defraigne, économiste, professeur à l’Université Saint-Louis de Bruxelles.

    "L’impact de la financiarisation sur les modes de production et les chaînes d’approvisionnement mondialisées"
  • Wladimir Andreff, économiste, professeur émérite de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

    "Les stratégies d’investissement des multinationales issues des économies émergentes"
  • Brid Brennan, chercheuse au Transnational Institute (TNI).

    " Les accords de commerce et d’investissement : vers une architecture internationale de l’impunité ?"

Panel 2 : "Multinationales de la périphérie et relations collectives"

La mondialisation de l’économie a transformé la géographie de la production industrielle. Des multinationales du Sud font désormais concurrence aux oligopoles du Nord. Alors que certains Etats de la périphérie prennent progressivement une place déterminante sur la scène économique internationale, les anciens centres de la mondialisation font face à des processus de désindustrialisation important tant en termes de valeur ajoutéevaleur ajoutéeDifférence entre le chiffre d'affaires d'une entreprise et les coûts des biens et des services qui ont été nécessaires pour réaliser ce chiffre d'affaires (et qui forment le chiffre d'affaires d'une autre firme) ; la somme des valeurs ajoutées de toutes les sociétés, administrations et organisations constitue le produit intérieur brut. (en anglais : added value) que d’emplois. Qu’en est-il de cette transformation du point de vue des relations socio-professionnelles dans les nouveaux pays d’accueil ou d’origine de l’investissement étranger ?

  • Violaine Delteil, économiste, professeure à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle.

    "Stratégie d’investissement transnationale et régulation sociale dans les pays de l’Est européen"
  • Marcelo Delfini, sociologue, Universidad Nacional de General Sarmiento (Conicet), Buenos Aires, Argentine.

    "Emploi et relations de travail dans les multinationales : une étude sur une filiale argentine"

Panel 3 : "Réglementer les chaînes d’approvisionnement mondialisées : quelles perspectives ?"

Devant l’absence de droit social ou d’un droit du travail supranational, les ONGs et les syndicats se sont longtemps arc-boutés sur des dispositifs de responsabilité sociale (RSE) afin de réguler les conséquences sociales ou environnementales de l’activité des multinationales. Devant la faillite de ces dispositifs, la question de la contrainte juridique se pose à nouveau. Ce panel permettra de revenir sur l’initiative visant à obtenir un traité contraignant les multinationales à l’ONUONUou ONU : Institution internationale créée en 1945 pour remplacer la Société des Nations et composée théoriquement de tous les pays reconnus internationalement (193 à ce jour). Officiellement, il faut signer la Charte de l'ONU pour en faire partie. L'institution représente en quelque sorte le gouvernement du monde où chaque État dispose d'une voix. Dans les faits, c'est le Conseil de sécurité qui dispose du véritable pouvoir. Il est composé de cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) qui détiennent un droit de veto sur toute décision et de dix membres élus pour une durée de deux ans. L'ONU est constituée par une série de départements ou de structures plus ou moins indépendantes pour traiter de matières spécifiques. Le FMI et la Banque mondiale, bien qu'associés à ce système, n'en font pas officiellement partie. (En anglais : United Nations, UN).

  • Melik Ozden, directeur du Cetim, Suisse.

    "Un traité contraignant les multinationales à l’ONU : enjeux et perspectives"
  • Erika Gonzalez, chercheuse à l’Observatoire des multinationales en Amérique latine (OMAL), Espagne.

    "Pour en finir avec l’impunité des entreprises multinationales"
  • Jean-Marc Caudron, chercheur chez achACT, Belgique.

    "Les accords contraignants dans l’industrie de l’habillement"

Table ronde : "Stratégies de lutte au sein des chaînes d’approvisionnement mondialisées"

Ces dernières décennies, le double mouvement de fragmentation et d’internationalisation des multinationales a eu de multiples conséquences sur la forme de la conflictualité sociale en entreprise. L’éloignement des centres de décision ou la mise en concurrence intragroupe ont contraint les acteurs du mouvement social à adapter leurs pratiques de lutte, parfois peu relayées par les structures syndicales traditionnelles. Cette table ronde vise un partage d’expérience sur des luttes sociales emblématiques et victorieuses :

  • Benoît Borrits, journaliste et écrivain, cofondateur et animateur de l’Association Autogestion, membre du conseil scientifique d’Espaces Marx.

    "Les fralibs : de la multinationale à l’autogestion"
  • Juan Montes Cato, sociologue, Centro de Estudios e Investigaciones Laborales CONICET.

    "Les Praxair en Argentine : militance syndicale dans une entreprise multinationale en Argentine"
  • Eduardo Chagas, Secrétaire général de la Fédération syndicale Européenne des transports (ETF) :

    "La lutte des dockers en Europe".

Programme en français en PDF :

Programme en anglais en PDF :

Programme en espagnol en PDF :

Infos pratiques :

Interprétation : Français /Anglais /Espagnol

Date : Le 24 novembre 2016

Horaire : 8h30-17h30,

Lieu : Kartuizercenter
Kartuizersstraat 70 Rue des Chartreux, 1000 Brussel - Bruxelles

Paf : 7 euros* (inclus : farde de presse et déjeuner)

(*) Gratuit pour les étudiants, les allocataires sociaux & les membres du réseau.

Inscription obligatoire

Inscription