Foxconn, on connaît. Une grosse boîte taïwanaise de sous-traitancesous-traitanceSegment amont de la filière de la production qui livre systématiquement à une même compagnie donneuse d'ordre et soumise à cette dernière en matière de détermination des prix, de la quantité et de la qualité fournie, ainsi que des délais de livraison. (en anglais : subcontracting) électronique en Chine qui a défrayé la chronique en 2010 à la suite d’une série de suicides sur les lieux de travail. Moins connu peut-être : Foxconn est le principal sous-traitant d’Apple (USA). Cette transnationale américaine, soucieuse de paraître éthique, a fait appel aux services de la FLA, Fair Labour Association (USA, Washington DC) pour la renseigner sur d’éventuels problèmes sociaux dont auraient à connaître les travailleurs chez Foxconn. Le procédé peut sembler curieux. Apple ne se cache pas, en effet, d’être bien informé de ce qui passe chez ses sous-traitants. Ainsi, son PDG, Tim Cook, a déclaré recevoir chaque semaine un relevé des heures prestées par les quelque 500.000 travailleurs qui bossent partout dans le monde pour son compte. Mais recevoir un "label" de bonne conduite d’une agence de vérification indépendante, du point de vue marketing, c’est plus payant. Petit problème, cependant. Car le président de la FLA, Auret van Heerden, a claironné en public que les installations de Foxconn sont "de première classe", que les "conditions de travail y sont nettement au-dessus de la moyenne" et qu’on ne peut vraiment pas parler d’un "sweatshop". Des agences de vérifications concurrentes, telles la Worker Rights Consortium (USA, New York) et Vérité (USA, Amherst), ont bondi sur l’occasion pour se profiler, clamant que van Heerden, l’enquête de la FLA n’étant qu’à ses débuts, a agi de manière bien peu professionnelle. Tempête dans le verre d’eau du microcosme des parts de marché convoitées par le business de l’audit éthique ? L’information de presse n’indique pas le montant payé à la FLA par Apple. Elle indique, par contre, que Foxconn a augmenté, pour la troisième fois depuis 2010, les salaires de ses travailleurs chinois. Le salaire d’un travailleur débutant est passé de 110 euros par mois à 268 euros.

Sources : International Herald Tribune du 18 février 2012 et le Financial Times du 16 février 2012.